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 C'est l'Doudou, c'est l' Mama...

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gribouille
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MessageSujet: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Dim 31 Mai 2015 - 9:40

Ce week-end à Mons

La ducasse de Mons ou Doudou1 est une fête locale basée sur des traditions ancestrales qui a lieu tous les ans, le week-end de la Trinité, à Mons en Belgique, ville située dans la province de Hainaut (Région wallonne).
On l'appelle souvent le Doudou, d'après le nom d'un air traditionnel que l'on joue durant les festivités2.

Depuis 2005, la ducasse de Mons est reconnue comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO

L'origine de la fête remonte au Moyen Âge. Ses origines sont difficiles à fixer avec exactitude. Elle est attestée depuis le XIIIe siècle3 : la première mention connue date de 1248). Il s'agit d'une procession de ducasse (dédicace) avec un « tour » en l'honneur de la patronne de la ville.

Une tradition tenace mais erronée en fait une procession de peste. De fait, le 7 octobre 1349, la région subissant une épidémie de peste, la fameuse peste noire, les autorités organisèrent une procession des reliques de sainte Waudru, patronne de la ville et de la collégiale montoise : elles furent amenées dans un char jusqu'aux bruyères de Casteau, à l'emplacement actuel du SHAPE, et furent réunies avec les reliques de saint Vincent de Soignies, époux de Waudru. L'épidémie cessa. Le miracle fut attribué à sainte Waudru et on décida de répéter la procession tous les ans.

La Ducasse consiste en deux « jeux » : le « Jeu de sainte Waudru » et le « Jeu de saint Georges qui combat un dragon ».

La Ducasse, comme l'appellent les montois s'étend sur plusieurs jours. Elle commence le samedi avec la descente de la "Chasse de Ste Waudru" Se poursuit le dimanche avec un cortège "folklorique" en costumes d'époque représentant les métiers, les confréries et les paroisses de la ville. Après le cortège à lieu de combat dit du "Lumeçon", c'est un simulacre de combat entre St Georges et un Dragon qui terrorisait la région au Moyen Âge. Le lundi est consacré à plusieurs manifestations, braderie, musique militaires. Le mardi est consacré à des jeux populaires .. Et avant 2008, habituellement le mercredi, un petit combat du lumeçon (celui des enfants)avait lieu au Waux-hall (un grand parc public montois). Il se déroule désormais sur la grand-place.

La descente de la châsse de sainte Waudru

L’infrastructure et les éléments matériels

Dans le fond du chœur de la collégiale se trouve le maître-autel. Le chœur est entouré du déambulatoire, suivant l’agencement classique des églises gothiques. La châsse est posée dessus durant toute l’année sur un brancard de bois suspendu à des poulies à la voûte médiane du fond du chœur.

La châsse est un coffre cuivré datant de 1887 réalisé par l’orfèvre liégeois Wilmotte. De style néo-gothique, elle représente un édifice religieux symétrique, dépourvu de chœur, dont l’axe pourrait être implanté au milieu du transept. Sur tout son pourtour sont représentés les apôtres et Jésus, représenté deux fois, en Salvator Mundi et dans les bras de la Vierge, et la famille que composaient Waudru, Vincent, leurs deux filles, Madelberte et Aldetrude, et leurs fils, Landry et Dentelin. Waudru doit rester tournée vers le public.

La châsse de sainte Waudru.


La châsse a été ouverte plusieurs fois, selon la procédure de droit canon, qui exige la présence d’un évêque. La dernière cérémonie a donc été présidée par Mgr Jean Huard, évêque du diocèse de Tournai, en 1997. Plusieurs linceuls ont été découverts, des parchemins ainsi que des restes de plusieurs femmes que la datation estime au VIIe siècle, celui de Waudru.

Un autre reliquaire existe, celui du Chef de sainte Waudru (ici, chef signifie tête), qui la montre en buste, coiffée d’une couronne qui sera garnie de roses rouges offertes par le Bourgmestre.

La cérémonie

À vingt heures, le samedi de la Trinité, après la messe vespérale et le concert des chorales, la cloche du chœur retentit. Aussitôt, les grandes orgues, timbales et trompettes entonnent le Trumpet voluntary de Purcell, tandis que le bourgmestre et des élus locaux entrent dans la collégiale par les grandes portes de la base de la nef. Ils sont rejoints et suivis par un cortège venant de la sacristie par le collatéral sud, avec dans l'ordre le suisse coiffé d'un bicorne, sa hallebarde posée sur l’épaule ; puis des enfants de chœur portant la croix de Bourgogne, les pages de Roland de Lassus, les chanoinesses en costume de chœur du XVIe siècle, les chanoines de Saint-Germain et le clergé de Mons et environs, présidé par son doyen.

Ce dernier invite alors les personnalités à l’accompagner dans le déambulatoire, afin d’assister à la lente descente de la châsse, suspendue toute l’année au-dessus du maître-autel.

Les chœurs chantent le Fortem Virili Pectore, chant grégorien de louange à sainte Waudru, et des litanies, tandis que le reliquaire descend doucement pour être ensuite fixé sur un brancard. Le doyen encense la châsse et, dans une chapelle voisine, le reliquaire du chef (tête) de la sainte. Le cortège se reforme pour accompagner, par le collatéral puis la nef, les deux reliquaires escortés par les hallebardiers.

Quand les pages de Roland de Lassus ont pris place dans le chœur, et que les chanoinesses et les chanoines de Saint-Germain ont gagné les stalles, les deux reliquaires sont déposés sur des tables à la croisée du transept.

Le doyen lit alors solennellement le panégyrique de sainte Waudru
Il est alors temps de confier la châsse à la garde du bourgmestre. Le doyen s’exprime le premier : « Monsieur le bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, voici, nous avons procédé à la descente du corps saint de Madame sainte Waudru et nous avons l’intention de le processionner en la cité. Nous vous prions et demandons, ici-même, d’en assurer la protection, afin que nul mal ni inconvénient lui advienne dedans la cité, mais veillerez à ce que sain et sauf il soit remis et rapporté en ce lieu-ci, dont il est à présent remis et confié à votre loi et pouvoir. »

Le bourgmestre répond immédiatement : « Monsieur le doyen, Messieurs, nous avons répondu à votre invitation et avons bien ouï et entendu votre requête. Nous acceptons volontiers la garde du corps saint de Madame sainte Waudru, et, depuis qu’il sera hors de cette église jusqu’à rentré y sera, nous ferons notre loyal pouvoir de l’aider et garder, sans coût ni frais, pour qu’il ne coure aucun danger ni péril en cette ville. »

À peine le bourgmestre a-t-il terminé sa réponse que les grandes orgues, timbales et trompettes entonnent la musique du Doudou, tandis que les chœurs et la foule présente en chantent les paroles tout en battant des mains dans un enthousiasme délirant.



La sortie du Car d'Or

Cette "Procession historique et multiséculaire du Car d'Or" date de 1349. Le dimanche matin, après la messe, la châsse est placée sur le Car d'Or (char d'apparat datant de 1780) ; Saint Georges et les personnages du Lumeçon vont de l'hôtel de ville à la collégiale, où ils sortent le Car d'Or et le placent le long du chœur.

Le Car d'Or est tiré par des chevaux de trait et porte les reliques de la sainte lors de la procession qui s'est enrichie au fil des ans de groupes historiques représentant entre autres les guildes des différents artisans de la ville. Le Car d'Or transporte également quelques enfants de chœur et un prêtre chargé de lire un miracle de sainte Waudru à plusieurs endroits stratégiques de la procession. Soixante groupes le précèdent : confréries, rappels historiques de Mons, etc.

La procession se termine par la remontée de la rampe Sainte-Waudru, une ruelle de vieux pavés mal ajustés et très pentue (pente de l'ordre de 20 pour 100). Le Car d'Or étant très lourd (estimé par l'IRPA à 4 tonnes environ), il y a à chaque fois un risque qu'il ne puisse monter. La légende dit que si le Car d'Or n'arrive pas en haut de la rampe Sainte-Waudru d'une seule traite, un grand malheur s'abattra sur la ville dans l'année. Le Car ne serait pas monté en 1914 et en 1940 (en fait, la procession avait été annulée). Le public aide donc.

Saint Georges précède le Car d'Or dans la montée de la rampe. En réalité, un seul cheval de trait peut tirer tout le poids mais on en met plusieurs pour compenser la fatigue.

La remontée de la châsse

Le dimanche suivant, la châsse est remise à sa place au-dessus du maître-autel de la collégiale. La cérémonie est presque la même que le samedi précédent mais plus courte et simplifiée.

Procession du Car d'Or



La m ontée du Car d'Or



Le Jeu de saint Georges

Le Jeu de Saint Georges est la reconstitution du combat de saint Georges contre le dragon. Ce combat est également appelé Lumeçon et constitue l'apogée de la Ducasse de Mons.

Le mot Lumeçon signifie limaçon. On désignait jadis sous ce nom certains spectacles équestres en raison des mouvements circulaires des cavaliers.

Les personnages

Les personnages sont au nombre de 44 et sont complétés par deux personnages féminins qui ne font pas partie de la diégèse. Ceux-ci sont incarnés par des femmes rousses car le roux est symbole de renaissance et de puissance. Leur apparition soudaine en 2001, dans un milieu d'hommes a choqué beaucoup de gens, notamment chez les Montois cayaux.

Ils portent tous, hormis saint Georges, des chaussures confortables blanches qui deviennent vite jaunes au cours du combat, à cause du sable du Rond.

Saint Georges

Le héros est vêtu d'une casaque jaune bordée de rouge, d'une chemise bleue, de gants blancs, de collants de cavaliers blancs et de bottes noires. Il porte un casque de cuirassier belge de 1845 (rarissime car les cuirassiers belges n'ont pas été légion): cimier cuivré, plumet rouge et queue de cheval à la nuque. Il porte des rubans rouges sur sa casaque, aux épaules et aux coudes, et la ferme avec des rubans aux couleurs de la Belgique. Pour des raisons d'esthétique, on intervertit l'ordre des couleurs : de noir jaune rouge, on place les rubans en jaune, rouge et noir car le noir en face est assez triste. Sa cravate est jaune.

Son cheval est couvert d'une chabraque rouge aux armoiries de Mons, de part et d'autre de la croupe. Des fausses rênes sont ajoutées à la dernière minute, il s'agit de rubans rouge et jaune. La crinière est tressée de pompons à fins rubans alternativement rouges et blancs. Les oreilles et le front du cheval sont cachés par une cagoule rouge.

Armé d'une lance qui se brise, d'un sabre inefficace et de deux pistolets (un s'enraye et l'autre fonctionne), il essaie de purifier le dragon ; c'est l'ordre contre le désordre, le bien contre le mal… Le deuxième coup de feu qui atteint sa cible arrête le Dragon.

Si toutes les couleurs de saint Georges sont les couleurs célestes, il chevauche un cheval noir pour symboliser la part de mal qui existe en chacun.

Saint Georges et son Chinchin protecteur accompagné de celui du petit Lumeçon.


Les armes

Trois types de lances sont nécessaires pendant la ducasse, chacune a une fonction particulière.
La lance de combat

Rouge à pointe dorée, elle est la plus courante. La dorure de la pointe ne sert pas à symboliser le métal mais la lumière purificatrice car saint Georges ne "tue" pas le dragon, il fait rentrer la lumière pour le purifier.
La lance inversée

Utilisée pendant la descente de la rue des Clercs, elle symbolise la force sauvage de saint Georges. Il y renoncera dans le bas de la rue des Clercs pour trouver une solution moins brute que l'estocade pure et simple, c'est pourquoi il change de lance pour celle décrite ci-dessus. La pointe rouge symbolise le sang versé qui tache le métal. Il s'agissait de l'ancien modèle de lance de combat mais il a été changé pour laisser place à l'actuel.
La lance noire et blanche

Peu courante aussi, elle symbolise l'équilibre des forces, le début et la fin. En effet, c'est la lance qui débute le Lumeçon par le cortège du magistrat du samedi soir et c'est celle qui le termine aussi après le coup de feu final, pour la rentrée à l'hôtel de ville.
Le sabre

Utilisé en remplacement des lances brisées, elle est l'arme des phases de pommeau. Confiée par la Ville, elle termine le combat en salut au public et au balcon de l'hôtel de ville. Il est remis au maïeur à la fin du salut. Il s'agit d'un sabre de cavalerie à deux anneaux de fixation à la selle. Il en existe plusieurs mais il semble que la Ville n'achète que des sabres premier Empire en parfait état. Il a été offert à Georges Raepers à l'issue de son dernier combat en tant que réalisateur et son successeur a été offert à la veuve d'Aramis Tournay, mythique saint Georges. L'actuel est presque le même modèle.
Le pistolet

Il y en a en fait deux, pour le scénario. Ils sont rangés dans un coffret, tête-bêche. Ce sont deux pistolets d'arçon, sans chambre, à chien rotatif en dessous duquel on place une amorce sur un seul des pistolets. Le policier maître artificier en est le responsable pendant le combat mais c'est le régisseur qui les a sous sa garde pendant la descente de la rue des Clercs. Ils sont entretenus chaque année par un armurier bien connu à Mons, surtout parce qu'il a été diable jusqu'au début des années 2000.

Les Chinchins

Appelés aussi Chins-Chins, ce sont les alliés naturels de saint Georges. Ils sont au nombre de douze. Habillés d'une veste en tartan à dominante de rouge au-dessus d'une chemise verte et d'un pantalon blanc, portant un chapeau à large bords noir, ils chevauchent une carcasse d'osier recouverte d'une peau de vache à la manière des chevaux-jupons. Elle représente un chien de manière très imagée d'où son nom, Chinchin qui serait la contraction de chien-chien. La peau de vache peut porter les trois couleurs noir, brun et blanc mais cette dernière ne doit pas être la seule présente. Le cou de la carcasse est garni d'un collier en cuir orné de dix grelots de tailles diverses et d'un sonnaillon au milieu, pendant vers les pavés.

Les Chinchins vont s'attaquer aux Diables en les traînant et en leur donnant un coup de museau. Ils iront aussi à la "curée" à chaque fois que le Dragon sera pris par le public, c'est-à-dire donner des coups de gueule sur le museau du Dragon. En trois temps, ils désarmeront les massues des Hommes de Feuilles et livreront au public les dernières vessies des Diables. Ils seront renversés par le Dragon à chaque changement de lance.

Les Chinchins représentent l'immaturité, le jeune adolescent et la flagornerie.

Le Lumeçon

Le combat a lieu sur la Grand Place de Mons le dimanche de la Trinité et se termine à 13 heures précises. Saint Georges, symbolisant le Bien, est chargé de mettre hors d'état de nuire le dragon, symbolisant le Mal, monstre géant d'osier qui mesure une dizaine de mètres.

Tout le combat répond à une chorégraphie bien précise. Alors que saint Georges tourne dans l'arène dans le sens horaire, le dragon tourne dans le sens antihoraire (à nouveau l'opposition bien-mal, ordre-désordre).

Saint Georges tente à plusieurs reprises de tuer la Bête à l'aide de lances et de deux tentatives infructueuses de coup de pistolet. Le saint finit par terrasser le dragon d'un troisième coup de pistolet.

Pendant toute la durée du combat, les porteurs du dragon font plonger la queue dans le public qui tente alors de s'emparer du crin qui la constitue et les rubans : ils sont censés porter bonheur pendant un an à celui qui le porte.

Le combat



Musique et paroles du Doudou



https://fr.wikipedia.org/wiki/Ducasse_de_Mons

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tricottileine
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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Dim 31 Mai 2015 - 11:40

ton intéressant reportage et de nous faire découvrir cet évènement impressionnant !

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gribouille
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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Dim 31 Mai 2015 - 11:56

Ah ben oui, bien sûr que je m'en souviens Maloudani

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soerno
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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Dim 31 Mai 2015 - 12:02

merci pour ce partage de traditions !!!!
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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Lun 1 Juin 2015 - 9:52

Merci Gribouille. Très intéressant.

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fromagette
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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   Lun 1 Juin 2015 - 22:17

Impressionnant Gribouille. Très belle fête.

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MessageSujet: Re: C'est l'Doudou, c'est l' Mama...   

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